Février 1918. Nul ne sait qui est ce soldat qui erre le long de la voie ferrée à Lyon. A partir de ses réponses bafouillées, l'Administration conclut sans conviction qu'il s'agit d'Anthelme Mangin, de Vichy. Il sera donc "le soldat inconnu vivant", dément précoce ou atteint de la "psychose des barbelés". A l'asile de Rodez, l'homme garde toujours le silence.
Tandis qu'en 1921, la France institutionnalise "le soldat inconnu" pour permettre un deuil collectif, l'existence de Mangin est révélée par la presse. Le soldat catalyse alors la détresse de 300 000 familles à la recherche d'un proche disparu. En 1937, sur la base de nouveaux éléments, le tribunal de Rodez l'identifie comme Octave Monjoin, de Saint-Maur-sur-Indre, mais les derniers membres de sa famille décèdent. Sur la tombe de cet homme, mort à Saint-Anne en 1942, seule figure la date du décès. Erreur, hasard ou symbole ?
Article proposé par M. Ruiz

