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Qui est-il ?

Découverte de deux soldats français de la Grande Guerre

Une nouvelle découverte présentée par Ghislain Képanowski

De l'archéologie aux archives

Archéologie

Plaque d'identité du soldat Jacques BELLOT
Le 8 septembre 1996, Ghislain Képanowski et Emmanuel Bril découvraient deux soldats français de la Grande Guerre dans une pâture qui borde le chemin d'Hillstraet.

La chance cumulée aux travaux minutieux effectués sur place en liaison avec les services de police de Bailleul, permirent de les identifier grâce aux plaques d'identités découvertes en parfait état de conservation.

Jacques BELLOT et Louis GUENOT étaient soldats au 88° Régiment d'infanterie, tués aux combats le 25 avril 1918, dans la bataille des monts de Flandre. Ce 8 septembre était un jour particulier pour le Cercle d'histoire, c'était le jour où en amont des sciences et de l'archéologie, il était question du respect des hommes. Cet ensemble indissociable nous donnait la possibilité d'offrir une sépulture humaine à ces deux êtres disparus sous l'uniforme. Ils reposent aujourd'hui en paix au cimetière militaire de Bailleul, sépulture commune n°77.

L'archive du régiment, JMO du 88°RI

Au regard de ce cas particulier de découverte, il fallait aller plus loin que les investigations de terrain. Le Cercle engageait alors des recherches en archives afin d'en savoir davantage sur les faits de guerre de ce régiment à Bailleul. Un déplacement au Service Historique de l'Armée de Terre à Vincennes (SHAT) était indispensable. Le journal de marche et d'opération du 88e RI, appelé JMO sous la côte d'archive 26N667, fait partie des journaux de marche les mieux tenus. C'était une chance supplémentaire. Au-delà de la connaissance historique, nos investigations devenaient un de nos "devoirs de Mémoire" envers ces soldats, mais surtout envers ces hommes. Cette publication n'aurait pas été complète sans la transcription d'une partie de l'archive de ce régiment où nous est relaté l'historique de cette journée du 25 avril 1918, date de décès de Jacques et de Louis.

Le 25 avril 1918 est une date historique pour la région des monts de Flandre. C'est le jour de la bataille du Mont Kemmel et de l'offensive allemande généralisée sur l'ensemble du front des monts de Flandre. Elle est aussi une date de décès pour des milliers d'hommes ...

34e division d'infanterie

Le 88e RI fait partie de la 34e division d'infanterie, celle-ci est composée du 59e, du 83 et 88e RI, du 3e Escadron, du 9e Chasseurs, du 23e RAC, du Ve Groupe/117e RAL, de la 123e Batterie/23e RAC, de la Cie 17/2 et 17/52 du Génie, de l'ambulance 9/17 et 10/18, du GBD, du SHO et du PAD/34 du 23e RAC.

En 1918, La Division est transportée depuis la Somme par camions autos le 17 avril et débarque dans la région de Steenwoorde. Elle relève successivement à partir du 18 avril la 49e DIW dans les monts de Flandres, secteur du Mont Rouge, du Mont Vidaigne, puis la 43e DIW dans le secteur du Mont Kokereele et du Mont Noir. Elle soutient victorieusement les attaques allemandes du 19 avril au 3 mai. Les pertes de la Division dans les monts de Flandre sont de 63 officiers et de 2589 hommes. Le Général Savatier commande la Division depuis le 14 décembre 1917.

Transcription, JMO du 88e RI - Historique des faits de la journée du 25 avril 1918

Attaque ennemie du 25. Le 25 à 1h30 on s'attend à une grosse attaque. Les Compagnies sont sur leurs gardes. L'attaque a lieu en effet. À partir de 2h30 un très violent tir d'interdiction commence derrière nos lignes barrant absolument tous les abords de la route de Bailleul à Locre. Beaucoup d'obus toxiques, atmosphère irrespirable et retour des gaz dans nos lignes. Le tir dure jusqu'à 5h constamment avec la même violence.

À 5h l'ennemi fait la préparation immédiate de son attaque en écrasant nos lignes par un tir de M.W. Devant la 10°Cie, l'ennemi sort de ses positions. Devant la 11°Cie, l'ennemi sort à 6h05 mais sans grande conviction et est de suite arrêté et cloué sur place. À partir de ce moment jusqu'à 14h le calme se rétablit entre les deux infanteries. À 14h la préparation par M.W reprend. À 14h15 une tentative d'infiltration vers le Kleugel-Hoek est arrêtée ; notre ligne est maintenue, mais la liaison à notre gauche avec les unités voisines du 83°RI est compromise et ne se rétablit que tard dans la nuit.
Tombe des soldats Jacques BELLOT et Louis GUENOT au cimetière militaire de Bailleul

D'après un document fourni par Ghislain KEPANOWSKI - 19/04/2005

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