Il semblerait qu'il y ait deux axes différents d'investigation :
1 - Consulter l'ensemble des communes françaises
Le premier axe consiste à consulter les 36000 communes de France pour vérifier si l'acte de mariage en question pourrait être retrouvé dans les registres d'état civil de l'une d'entre elles. La question qui se pose alors est de savoir comment réaliser un tel objectif ? En étudiant l'ensemble des possibilités qui nous sont offertes, il semblerait que nous ayons quatre moyens d'action distincts, le premier étant en fait à exclure.
Contacter le Ministère des Anciens Combattants
La résolution de cette énigme est pourtant simple. Si demain les 36000 communes de France recevaient l'ordre de vérifier si cet acte de mariage ne figure pas dans leurs registres, demain soir nous serions fixés et nous n'en parlerions plus. Oui mais ... tout n'est pas si simple. Comment faire pour prévenir l'ensemble des communes de France ? Mise à part une décision gouvernementale, il n'y a pas de solution concrète pour parvenir à ce résultat. Dans ce cas, pourquoi ne pas prévenir le Ministère des Anciens Combattants ? Cette solution n'est pas réaliste car notre démarche n'a aucune justification juridique et l'argument du "devoir de mémoire" n'a aucune chance d'être pris en considération.
Contacter les syndicats de maires
Cette solution semble plus réaliste. Nous avons débattu de cette possibilité de contacter les différentes organisations de maires et avons conclu que pour l'instant, il était encore trop tôt. Nous attendons d'avoir plus de poids. En effet, il en va de notre crédibilité.
Le mailing aux mairies
Cette solution est à envisager dans le cas où la solution précédente échouerait mais elle pourrait peut-être également représenter un moyen complémentaire.
La démarche individuelle
Il s'agit là véritablement d'une recherche sur le terrain qui peut être faite par chacun d'entre-nous. Plus nous serons nombreux à faire des démarches dans ce sens et plus vite, nous obtiendrons des résultats. Si vous êtes prêt à effectuer cette recherche en mairie, lisez cette page qui explique en détails ce qu'il convient de faire.
Remarque : Cette recherche globale auprès des mairies est bien sûr gigantesque et ce n'est que lorsque les vérifications auront été faites sur l'ensemble de ces communes que nous pourrons tirer des conclusions. Cela dit, pour accroître la probabilité de tomber sur notre acte de mariage plus rapidement, deux études peuvent être faites :
- En partant de la liste des régiments présents dans notre périmètre au moments des faits, il est facile de dresser la liste des villes de casernement de ces régiments. Par conséquent, il est possible de constituer des zones de recherche autour des différentes garnisons. Cela permettrait forcément d'accroître nos chances de succès. Au début de la guerre, ces régiments étaient essentiellement constitués régionalement, que ce soit par les hommes sous les drapeaux où les renforts venus de la réserve.
- Par ailleurs, une étude similaire et peut-être même plus précise peut-être faite en analysant en détail la population représentée par l'ensemble des soldats inhumés à la nécropole de Saulcy. Il suffit d'analyser la liste nominative des soldats inhumés à Saulcy et de faire des recoupements avec la base des Morts pour la France du site Mémoire des Hommes. Nous pourrons donc connaître, entre autre, l'état des pertes par régiment mais également la répartition géographique des différents lieux de recrutement. Consulter ces statistiques
2 - Une recherche sur le site 'Mémoire des Hommes'
Le second axe de recherche consiste à admettre que cet inconnu ait été répertorié sur le site Mémoire des Hommes et que sa fiche de disparition y figure parmi 1,3 million d'autres ! En effet, s'il n'a pu être identifié, il est possible qu'il ait été porté disparu. Donc la mention "Disparu" figurerait sur sa fiche. En fait, tout n'est pas si simple car il existe sur ces fiches de nombreuses erreurs et approximations si bien qu'on ne peut pas se permettre de se limiter qu'aux cas de disparitions. Quoiqu'il en soit, tout le monde s'accorde à penser que cette recherche sur le site Mémoire des Hommes représente un moyen sérieux d'investigation et qui présente l'avantage d'être concret.
Là encore, tout le monde peut participer à ces recherches et si vous êtes intéressé, il vous suffit de lire cette page destinée à expliquer les différentes techniques de recherches appliquées à notre énigme dans le cadre de la recherche sur le site Mémoire des Hommes.
D'autres axes de recherches sont actuellement envisagés :
- Une recherche sur le site Internet MemorialGenWeb devrait nous permettre d'extraire d'autres identités possibles pour notre inconnu.
- Les JMO et historiques régimentaires devraient être passés au peigne fin.
- Les séries H (Affaires militaires) des Archives Municipales devraient être étudiées de près. Elles peuvent regorger de documents intéressants pour notre énigme permettant aussi bien d'attribuer des identités possibles à notre inconnu que d'en exclure. C'est ainsi que Yannick Voyeaud a pu découvrir aux Archives Municipales de Vienne (cote 5H) des correspondances entre le Chef de Bataillon FROMENT, chef de la Section d'Etat Civil de la 21ème région et Monsieur le maire de Vienne concernant le caporal DOREL.
Différentes pistes ont déjà été envisagées mais sont à exclure, tout du moins temporairement :
- Les listes de pensionnés et de veuves de guerre : ces listes existent bel et bien aux Archives Départementales (AD) mais ne sont pas encore consultables. Cela dit, cette vérification n'a été faite qu'aux AD de Meurthe-et-Moselle, si quelqu'un pouvait vérifier dans une autre AD, qu'il n'hésite pas à nous le faire savoir.
- Le livret militaire : Il faut savoir qu'avant 1911, le service militaire durait deux ans. S'il y avait mariage pendant le service militaire, celui-ci pouvait être mentionné dans ce livret mais cela n'était pas systématique. Le mariage n'est donc pas toujours renseigné même si une page était prévue à cet effet. Bien que certains livrets aient été reversés aux mairies à la demande de l'Administration après la guerre, la plupart ont été conservés par leur titulaire ou descendants.
- Le registre matricule : Il rassemble pour l'essentiel les informations contenues dans le livret militaire. Par ailleurs, ce Registre Matricule est conservé aux Archives Départementales (Série R) du département de recrutement du soldat.
Nous ne pouvons pas considérer le Registre Matricule comme une piste à exploiter pour attribuer des identités possibles à notre inconnu et cela pour deux raisons :
- Sa consultation est soumise à la Loi sur les Archives et le délai de communication des dossiers personnels est de 120 ans et 150 ans si ces données contiennent des informations à caractère médical.
- Ces documents sont conservés dans des boîtes sans forcément être triés par ordre alphabétique et sans qu'aucun index ne soit consultable.
Dans la pratique, la consultation de ce document semble être aléatoire. De manière générale, la filiation avec le soldat doit être prouvée mais il arrive (aux AD de Paris par exemple), que la consultation soit en libre accès. Tout au plus, selon que leur consultation soit permise ou non, ils peuvent malgré tout servir à nous fournir des renseignements intéressants sur tel ou tel soldat.
- Les archives des hôpitaux : les hôpitaux conservaient également des dossiers médicaux. Ces documents permettaient de fournir des attestations de pensions de guerre à leurs ayant-droit. Le délai de communication de ces documents à caractère médical est de 150 ans. Il s'agit donc là aussi d'une piste à oublier.
Certaines questions ont été posées et attendent toujours des réponses ...
- Nous nous sommes longtemps demandés s'il n'y aurait pas moyen de retrouver trace de ces listes de disparus évoquées dans le film La vie et rien d'autre. Dans ce film, il est question d'un bureau, le B.R.I.M.T.D chargé d'organiser la recherche de ces soldats disparus. Ce bureau a réellement existé et l'encombrant dossier des soldats disparus a été confié, après la guerre, au Service de l'Etat-Civil des Champs de Bataille, dépendant du Ministère des Pensions. A l'heure où ces lignes sont écrites, deux éventualités se présentent au sujet des dossiers de disparus :
- D'après le Secrétariat d'Etat aux Anciens Combattants, ces documents auraient été détruits en 1940.
- Mais selon une autre source, ces dossiers pourraient avoir pris la direction des Archives du Calvados.
Quoiqu'il en soit, des fiches de disparition ont bel et bien existé. Un modèle a pu être photographié à la mairie de Saint-Denis (93) et est disponible dans la rubrique photo de notre liste de discussion.
- Deux découvertes récentes et à approfondir : il existe aux Archives Municipales de Lyon la liste des Morts pour la France, transmise à l'époque par le ministère aux mairies. A Lyon, ces fiches assez complètes semble-t-il, ont ensuite été transmises et conservées par les Pompes Funèbres. A Paris, des documents à priori similaires ont été découverts aux Archives Départementales. Il s'agit de fiches des Pompes Funèbres sur les soldats de Paris décédés dans les ambulances temporaires. Il y aurait aussi apparemment la liste des militaires inhumés sur Paris et la région parisienne.